Les servantes d'or

Méthode

Il s'agira,ici, de montrer en quoi la description des servantes d'Héphaistos est particulièrement significative.

Iliade,XVIII,418,419

ὑπὸ δ᾽ ἀμφίπολοι ῥώοντο ἄνακτι

χρύσειαι ζωῇσι νεήνισιν εἰοικυῖαι.

τῇς ἐν μὲν νόος ἐστὶ μετὰ φρεσίν, ἐν δὲ καὶ αὐδὴ

420 καὶ σθένος, ἀθανάτων δὲ θεῶν ἄπο ἔργα ἴσασιν. αἳ μὲν ὕπαιθα ἄνακτος ἐποίπνυον·

Des servantes s'empressaient pour soutenir le prince, toutes d'or, mais semblables à de jeunes vivantes; elles ont un esprit dans leur diaphragme; elles ont la voix, la force, et les immortels leur ont appris à agir. A soutenir le roi elles s'empressaient donc.

Pour comprendre le rôle de ces "servantes", il faut comparer ce passage avec d'autres

I,600

ὡς ἴδον Ἥφαιστον διὰ δώματα ποιπνύοντα

XVIII,411

ἦ, καὶ ἀπ᾽ ἀκμοθέτοιο πέλωρ αἴητον ἀνέστη

χωλεύων·

XX,37

Ἥφαιστος δ᾽ ἅμα τοῖσι κίε σθένεϊ βλεμεαίνων

χωλεύων, ὑπὸ δὲ κνῆμαι ῥώοντο ἀραιαί.

Elles suppléent les infirmités du dieu, en se substituant à ses jambes frêles et en s'empressant ("s’essoufflant")comme il le faisait au banquet des dieux.

Jeunes, en or, ce sont des créatures parfaites : elles sont l'incarnation même de la félicité propre à l'Âge d'or.

Complément

Le roi Alcinoos dispose, lui aussi de serviteurs (Odyssée,VII,100-103) :

χρύσειοι δ᾽ ἄρα κοῦροι ἐυδμήτων ἐπὶ βωμῶν

ἕστασαν αἰθομένας δαΐδας μετὰ χερσὶν ἔχοντες,

φαίνοντες νύκτας κατὰ δώματα δαιτυμόνεσσι.

De jeunes garçons en or se dressaient sur des piédestaux bien construits, et tenaient en leurs mains des flambeaux allumés, pour éclairer la nuit les convives dans la salle.

ComplémentLa servante-robot de Philon de Byzance

Si vous le souhaitez, vous pouvez faire découvrir à vos élèves cette création de Philon de Byzance.

Voici le texte en traduction (extrait de " LE LIVRE DES APPAREILS PNEUMATIQUES ET DES MACHINES HYDRAULIQUES,PAR PHILON DE BYZANCE, ÉDITÉ D'APRÈS LES VERSIONS ARABES D'OXFORD ET DE CONSTANTINOPLE ET TRADUIT EN FRANÇAIS ")

C'est une fontaine à intermittence ayant la forme d'une servante qui tient en main une aiguière. Quand on place dans la paume de sa main gauche une coupe à boire, elle verse du nébid en la quantité que l'on veut; ensuite elle verse l'eau qu'on mélange à ce nébid.

Vous faites une servante de cuivre ou d'argent, représentée debout. De sa tête à sa poitrine vous pratiquez un réservoir séparé par une cloison en deux moitiés. Dans chaque réservoir est un tuyau à air, et dans chacun un tuyau à liquide qui s'en va à l'aiguière. Le tuyau du réservoir à nébid se dirige droit vers l'aiguière et le tuyau du réservoir d'eau, qui est long, est dans le ventre de la servante, tournant autour du réservoir. Les tuyaux à air s'ouvrent en bas du réservoir, du côté du ventre de la servante. La main gauche tient, à l'épaule, sur deux tourillons. A l'intérieur de la figure est une crosse, tournée en bas, pareille à la serpette à émonder les arbres; sur cette crosse sont deux verges, semblables à deux robinets, et toutes deux forment clef. Elles ont deux fentes ou deux trous à leurs extrémités. Ces extrémités entrent exactement dans celles du tuyau à air et elles y tournent à frottement doux. Le bas de la crosse qui ressemble à la serpette est un peu alourdi. Il tend naturellement vers le bas et il élève la main gauche; celle-ci s'élève à l'extérieur, en tirant les deux petits tuyaux qui forment clef. Leurs deux trous s'écartent des deux trous des tuyaux à air. Ceux-ci sont bouchés, et les liquides ne s'écoulent pas des deux orifices dans l'aiguière.

Toute cette construction est à l'intérieur de la servante. L'eau et le nébid se déversent de la tête de la servante et coulent facilement; le crâne constitue un couvercle très étanche. La main droite reste à sa place, ne se mouvant pas, et l'aiguière non plus ne se meut pas. Les deux trous font communiquer les deux réservoirs avec l'aiguière, comme nous l'avons dit.

Voici la description de la servante: α et β sont les marques des deux réservoirs; celles des tuyaux à air γ et δ; celles des deux tuyaux à liquide qui s'en vont à l'aiguière ε et ζ,celle des tourillons de la main est η;celle de la crosse θ; les deux clefs sont marquées ι et κ.

Il y a dans la figure un trou qui ouvre sur l'extérieur, et le couvercle est fermé pendant l'opération, afin que l'air soit aspiré, autrement l'appareil ne fonctionnerait pas.

Après avoir achevé ce que nous venons de décrire, prenez une coupe de la capacité d'un ritl ou d'un demi-ritl, ou de la capacité que vous voudrez, en rapport avec les dimensions que vous aurez données aux orifices. Il convient de diviser le mélange dans la proportion du tiers, soit 2/3 de nébid et 1/3 d'eau. La capacité de la coupe sera en conséquence. La coupe est alourdie en bas par un poids convenable.

Quand on la place dans la paume de la main gauche, elle l'abaisse; la crosse se meut; les tuyaux qui forment clef se lèvent, le trou d'air qui correspond au nébid précédant l'autre, de façon qu'il parvienne plus vite à sa place dans le tuyau à air; le trou correspondant à l'eau ne parvient à la sienne que lorsque la coupe est déjà alourdie de nébid et lorsque celui-ci y est déjà versé presque en entier. Alors la main s'incline davantage et la clef, correspondant à l'eau, arrive à sa place, tandis que la clef du nébid dépasse la sienne par en dessus; son tuyau se bouche et il n'en sort plus rien; puis l'eau commence à couler.

Quand la figure a versé ce qu'elle a à verser, prenez-lui la coupe. La main revient à sa place en bouchant les deux trous d'air, et il ne sort plus rien de l'aiguière.

Si on replace la coupe dans la main de la servante, après l'avoir vidée, la main redescend et le nébid puis l'eau recommencent couler dans la coupe. Ainsi de suite, tant qu'il y a du nébid et de l'eau.

Voilà ce que nous voulions expliquer au sujet de cette fontaine à intermittence faite à l'image d'une servante. Comprenez ce que nous avons décrit. Voici la figure

Kostantinos Kotsanas en a fait une reconstitution assez impressionnante que vous pouvez montrer à vos élèves.

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