Une ouverture automatique de portes
Les portes du Ciel (Homère, Iliade,V,748-752)
Ἥρη δὲ μάστιγι θοῶς ἐπεμαίετ᾽ ἄρ᾽ ἵππους· αὐτόμαται δὲ πύλαι μύκον οὐρανοῦ ἃς ἔχον Ὧραι, | Héra, avec le fouet, poussa vivement les chevaux. D'elles-mêmes s'ouvrirent en grondant les portes du ciel, gardées par les Heures, |
Les portes d'un temple miniature (Héron, Pneumatiques,I,38)
L'extrait en grec et la traduction
Soit ΑΒΓΔ piédestal sur lequel est placé le temple en question et un petit autel ΕΔ. A travers l'autel on fait passer un tube ZH dont l'un des orifices Z s'ouvre dans l'autel, et dont l'autre H s'ouvre dans un globe Θ, à peu près au centre de ce globe; le tube HZ doit être soudé au globe. On adapte également au globe un siphon recourbé ΚΛΜ. Les gonds des portes doivent être prolongés à la partie inférieure et tourner librement dans des crapaudines ménagées dans la base ΑΒΓΔ. Aux gonds on fixe deux chaînes qui se réunissent en une seule qui passe sur une poulie et qu'on attache à un vase creux ΝΞ [qui se trouve ainsi suspendu]. D'autres chaînes enroulées autour des gonds en sens inverse des premières se réunissent également en une seule qui, après avoir passé sur une poulie, se termine par un poids en plomb dont la descente fait fermer les portes. La branche extérieure du siphon ΚΛΜ plonge dans le vase suspendu ; de plus, à l'aide d'un trou η, on introduit de l'eau dans le globe de manière à le remplir à moitié ; après cette opération, le trou est rebouché. Voici maintenant ce qui va arriver: le feu développant de la chaleur échauffera L'air qui est dans l'autel et le forcera à se répandre dans un plus grand espace. Cet air, passant dans le globe par le tube HZ, chassera, par le siphon ΚΛΜ, le liquide qui y est contenu jusque dans le vase suspendu et celui-ci, en descendant par son poids, entraînera les chaînes et ouvrira les portes. Puis, quand le feu sera éteint, l'air raréfié s'échappera par les vides des parois du globe et le siphon recourbé attirera le liquide contenu dans le vase suspendu afin d'occuper la place des vides qui se sont produits; l'extrémité du siphon est en effet plongée dans l'eau du vase suspendu. Le vase se vidant, le poids suspendu fera, par sa descente, ouvrir les portes. On se sert quelquefois de mercure au lieu d'eau parce que le mercure est plus lourd et facilement déplacé par l'effet de la chaleur. Il y a un autre moyen d'ouvrir les portes en allumant le feu | Soit, comme ci-dessus, un petit temple construit sur une base ΑΒΓΔ sur laquelle se trouve également l'autel E. Un tube ΖΗΘ passe à travers l'autel et aboutit dans une outre de cuir K bien fermée de toutes parts. A cette outre est suspendu un poids Λ d'où part une chaîne qui est reliée, par l'intermédiaire d'une poulie, aux chaînes enroulées autour des gonds; de telle sorte que, l'outre se dégonflant, le poids descende et fasse fermer les portes et que, le feu étant allumé, celles-ci s'ouvrent. En effet, l'air qui est dans le petit autel, dilaté comme plus haut, passera, au moyen du tube ΖΗΘ dans l'outre, soulèvera par ce fait même le poids Λ et les portes s'ouvriront; les portes peuvent s'ouvrir d'elles-mêmes par un dispositif analogue à celui qui fait fermer les portes des bains ou avoir un contrepoids pour les ouvrir. Quand le feu du sacrifice est éteint et que l'air qui est rentré dans l'outre en ressort, le poids descendant avec l'outre tend les chaînes et referme les portes. |
Simulation : Explication de Kostas Kotsanas
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Dans le soubassement du temple, une chaîne disposée horizontalement était enroulée autour des pivots des deux portes. A une extrémité, la chaîne passait sur une poulie, et un contrepoids était suspendu. A l'autre extrémité était suspendu un récipient vide, le tout constituant une balance en équilibre. Après le sacrifice, lorsque l'air se refroidissait en dessous de l'autel, l'eau retraversait le siphon en sens inverse et regagnait son réservoir d'origine. Sous l'action du contrepoids, les portes se refermaient. |
Lorsque le feu du sacrifice était allumé, l'air d'un récipient hermétique placé sous l'autel se réchauffait et se dilatait. Il poussait l'eau contenue dans un second récipient étanche jusqu'à ce qu'elle atteigne le niveau d'un siphon. Toute l'eau se déversait alors dans le récipient attaché à l'extrémité de la chaîne, qui se mettait alors en mouvement. Le déplacement horizontal de sa partie centrale entraînait les deux pivots en rotation, et les deux portes s'ouvraient automatiquement. |
Après le sacrifice, lorsque l'air se refroidissait en dessous de l'autel, l'eau retraversait le siphon en sens inverse et regagnait son réservoir d'origine. Sous l'action du contrepoids, les portes se refermaient. |
Définition : L'explication d'Antoine Houlou-Garcia
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